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contribution de Jacques Auzou Maire de Boulazac

Saignée budgétaire imposée par le gouvernement

jeudi 23 octobre 2014

Je me suis déjà exprimé durant l’été sur les conséquences dévastatrices d’une baisse des dotations de l’Etat aux collectivités locales, mais je ne peux pas rester muet face aux nouvelles accablantes qui viennent de tomber.



Sans surprise, l...e projet de loi de finances prévoyant 11 milliards d’euros de baisse des dotations aux collectivités locales vient d’être présenté et son chiffre confirmé.



C’est une véritable catastrophe !



De nombreuses collectivités vont devoir rééchelonner, reporter leurs projets de chantier voire les annuler… C’est comme signer l’acte de décès de nombreuses entreprises du BTP qui comptent sur les opérations d’investissement des collectivités locales pour leur survie ! On n’aurait jamais imaginé qu’une entreprise comme Eurovia (ex Cochery), en activité depuis plus de 90 ans, soit aujourd’hui en difficulté. La Fédération Nationale des Travaux Publics craint une perte de 60 000 emplois d’ici 2017.



Mais au-delà des Travaux Publics, ce sont aussi les services à la population qui sont grandement menacés.



A titre d’exemple, la contribution à la réduction du déficit de l’Etat imposée à la ville de Boulazac s’élève cette année à 100 000 €. Les simulations réalisées par les bureaux d’études financiers estiment que cet « effort » sera multiplié par 7 à 9 d’ici 2017 !



Il en est ainsi pour toutes les communes et intercommunalités. Nos budgets étant obligatoirement équilibrés, comment vont faire les collectivités qui n’ont pas les reins assez solides ou les interco rurales qui n’ont que peu de ressources économiques ? Devront-elles augmenter leur fiscalité locale sur les ménages pour contribuer à la réduction du déficit de l’Etat ?



Bref, les particuliers devront-ils payer une seconde fois pour une crise économique qu’ils ne font que subir depuis maintenant trop longtemps ?



Mais encore… Alors qu’il avait été annoncé comme maintenu par l’ancien ministre de l’éducation nationale, le fond d’amorçage - créé en 2013 pour aider les communes à la mise en œuvre de la réforme des rythmes scolaires - ne sera pas reconduit en 2015 (sauf pour quelques communes en « grandes difficultés »). Cette décision demande aux communes un effort supplémentaire de 200€ par élèves !
Rappelons que les TAP, imposés par l’Etat aux communes, sont actuellement gratuites à Boulazac (et la mairie alloue 75 € par élève et par an à chaque école).
Comment allons-nous pouvoir pallier demain l’absence de l’aide de l’Etat et offrir un environnement satisfaisant pour nos enfants ?



Sans étalement dans le temps, l’effort demandé aux collectivités est insoutenable. Rajoutons à ça une progression des dépenses de gestion imputable pour près de 50% à des décisions de l’Etat (hausse des taux de TVA sur les services publics locaux, nouveaux rythmes scolaires, cotisation à la CNRACL…), nous ne sommes pas loin de l’asphyxie…



Nous sommes de plus en plus nombreux à exprimer notre inquiétude (l’AMF, l’association Villes de France, l’APVF, l’AdCF…), même les entreprises et les salariés des travaux publics, que nous n’avons pas l’habitude de voir dans la rue, défilaient partout en France pour protester contre la baisse de l’investissement public.



Tous les signaux sont au rouge ! Mais le gouvernement ferme les yeux et continue sa politique comptable et technocratique.



La liste de mes craintes à ce sujet pourrait être bien longue…
Nous nous devons Toutes et Tous de tirer la sonnette d’alarme !



Pour aller plus loin, vous pouvez lire l’enquête de l’APVF sur les coupes budgétaires à venir dans les petites villes.

Jacques Auzou
Maire de Boulazac
Président de la Communauté d’Agglomération de Périgueux


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