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Oui à un grand débat démocratique et citoyen, oui à une 6° République

L’humain d’abord - Non à la réforme territoriale Non à la marchandisation de nos vies et des territoires

jeudi 19 juin 2014

Qu’y a-t-il de commun entre le mouvement des cheminots, celui des intermittents, les multiples mouvements sociaux comme à la SEITA Bergerac, à Vauclaire, à l’hôpital de Sarlat, la lutte des élus contre la réforme territoriale, le mouvement contre le TAFTA, le Grand marché Transatlantique ?
Tout !
Contrairement à ce que veulent nous faire penser le gouvernement et le MEDEF, ce sont plusieurs facettes d’un même combat, du combat contre l’offensive ultra libérale qu’ils nous imposent pour satisfaire les marchés. Tout marchandiser, nos vies, nos territoires, réduire et annihiler tous les pans de la société encore à l’abri des marchés : services publics, santé, collectivités locales, démocratie, oui démocratie on va le voir avec le TAFTA.
« Oui à la séparation de l’Etat et du MEDEF », disent d’ailleurs les intermittents….
Pour clarifier les choses, on peut aborder 2 questions :
Les vrais enjeux de la réforme territoriale pour les libéraux et le gouvernement
La riposte et l’alternative, que faire, comment mettre en mouvement le peuple sur des questions décisives pour lui ?

« Quelque chose doit remplacer les gouvernements, et le pouvoir privé me semble 
l’entité adéquate pour le faire. »
David Rockefeller
Newsweek, février 1999

Les vrais enjeux de la réforme territoriale pour les libéraux et le gouvernement

Dans l’offensive libérale de ces dernières années menée dans le cadre de la mondialisation et plus particulièrement en Europe, deux pays sont visés : la Grèce et la France.
La Grèce car en début d’offensive, il fallait faire un exemple, montrer à tous les peuples européens que la résistance est impossible, la régression obligée. Comme toujours on commence par la crédibilité du pays, attaquée de toute part. Un pays qui aurait triché pour rester dans l’Europe ! La sanction est tombée impitoyable. Les peuples européens sont prévenus, rien ne sert de résister.

L’autre pays, c’est la France. Alors que le TAFTA, le Grand marché Transatlantique pointe son nez, la France parmi ses spécificités a une caractéristique majeure, c’est une république qui s’est forgée ses institutions dans la Révolution de 89, une tradition qui s’est nourrie d’autres révolutions et luttes sociales : 1848, la Commune, 1936, la Libération, 1968….
Des institutions qui ont intimement allié démocratie et progrès social.
Au tryptique fondateur de notre vivre ensemble Liberté, Egalité- à chacun selon ses besoins sans discrimination, Fraternité-solidarité ils veulent opposer :
Concurrence libre et non faussée
Individualisme forcené
Loi du plus fort

C’est cela que les libéraux et le gouvernement veulent casser en priorité, casser la république, la démocratie sociale, casser les solidarités qui ont forgé la France depuis des siècles et même bien avant 1789.
Il n’est ainsi pas anodin de constater que la réforme territoriale vise en priorité à briser, vider de leur contenu les 2 collectivités issues de la Révolution : commune et département.

On n’insiste d’ailleurs pas suffisamment sur la commune.

Commune, commun, bien commun, premier lieu de la démocratie et de la solidarité et ce même bien avant 1789.

Dès le Moyen Age, la commune est le premier lieu du vivre ensemble, de la solidarité et progressivement de la démocratie, des luttes sociales. D’ailleurs, les rebelles croquants des différents mouvements paysans qui ont émaillé le Périgord, ne se rassemblaient ils pas sous l’étendard des Communes du Périgord.

La révolution ne fit qu’entériner ce mouvement historique en lui donnant un nouveau sens plus progressiste. Commune département, tout est lié. Pour les départements outre 1789, il faudra attendra plus longtemps leur émancipation, avec dans les années 1980 les grandes lois de décentralisation.

L’offensive actuelle est d’ampleur, elle l’est d’autant plus que le résultat final est bien posé : la république doit désormais se soumettre à la dictature des marchés. A ce titre le terme de dictature n’a jamais été aussi bien approprié, on va le voir avec le TAFTA.

Auparavant un petit mot sur la cohérence idéologique de l’épisode que nous vivons avec la réforme territoriale, une cohérence qui nous renvoie au basculement idéologique de la droite lors des années Sarko.
Observons qui est à la manette pour ce type de réforme ces dernières années : VGE, Balladur, Sarko…Repensons à son discours de Latran en 2007 où il souhaite le retour des prêtres dans les quartiers au détriment des instituteurs, abordant officiellement et idéologiquement sa volonté de saborder la République. Une façon qui prend ses racines dans la pensée de son conseiller venant de l’extrême droite …le fameux Buisson….. furieusement anti Révolution française.
Nous sommes bien actuellement sur ce versant idéologique d’une politique de droite décomplexée, revancharde et…versaillaise avec Alstom, livré au pillage.
A cet égard regardons de plus près le TAFTA et la réforme territoriale.
Le TAFTA cible bien les collectivités à trois titres :

  • Tout d’abord, il rend solidaire les collectivités de leur Etat en cas de déficit public, et donc ces collectivités devront payer leur quote part !
  • les collectivités sont des grands donneurs d’ordre, à ce titre soumis à la règle de la concurrence libre et non faussée. Pas question pour une commune de dire que pour la restauration scolaire, elle veut des labels, pas de soja OGM, de la viande sans hormone, du poulet sans javel, des fraises qui ne viennent pas du Pôle Nord….
  • enfin, le TAFTA et la réforme territoriale s’inscrivent dans une logique de mondialisation capitaliste à tout crin. Observons ainsi ce qui est le pensé, le plus abouti dans la réforme version Hollande et Valls. Il s’agit bien des métropoles et des grandes régions, le reste la ruralité, les arrières pays, les communes, les départements, voir les interco est bricolé, là n’est l’essentiel pour eux.

Leur schéma est clair : la priorité est d’abord axée sur les métropoles. Des métropoles, capitales des nouvelles grandes régions à terme, non plus tournées historiquement vers leur arrières pays mais vers le monde.
On a la vision d’une France à deux vitesses : métropoles et leur quartier huppé et d’affaires et l’essentiel du pays de l’autre avec quelques ilots de prospérité et d’attractivité de ci de là : le pays basque, Lascaux en Aquitaine…. Bref, une France livrée à elle-même, abandonnée avec quelques subsides versés en guise de bouée de sauvetage. Une France livrée au FN…
On voit bien se dessiner les réseaux de transport dans cette France-là, la France des gares TGV et des grands aéroports et le reste du pays.

La riposte et l’alternative, que faire, comment mettre en mouvement le peuple sur des questions décisives pour lui ?

Première chose à dire sur ce sujet : le capitalisme s’attaque frontalement au peuple, aux citoyens.
Le postulat de départ est donc de savoir comment mettre cette question dans les mains du peuple, des citoyens, de leur pouvoir. Et ce faisant, casser la délégation de pouvoir.
Un élément objectif nous y aide avec la réforme territoriale nous sommes sur une question constitutionnelle, qui est du ressort du peuple, faisons le valoir. Approfondissons ainsi la question du referendum, il ne s’agit pas simplement de dire oui ou non, ou d’avoir un simple débat mais de travailler à un véritable processus d’élaboration et de décision pour une nouvelle république.

En prenant la question de cette façon, on dépasse aussi la question du projet tout prêt, tout ficelé réalisé à quelques-uns. Non qu’il faille mettre de côté, tous nos travaux antérieurs, mais la réussite de la chose ne peut passer que par un processus élaboratif où chacun apporte sa pierre, y compris les forces sociales, politiques….

Libérons les énergies, sortons de cette façon élaborative qui appelle ensuite un processus de démocratie permanente, sortons ainsi de la pensée capitaliste, projetons nous dans l’avenir, dans la réflexion, l’intelligence. C’est l’exact opposé du processus autoritaire que met en place le capitalise et dont le tandem Valls Hollande est en train de nous faire la démonstration aujourd’hui.

Cela ne veut pas dire non plus, évacuer la question du contenu alternatif, bien au contraire ! Mais comment mieux sortir de la pensée capitaliste, austéritaire que de libérer partout les énergies, de les faire s’affronter, se confronter à la pensée libérale.

Prenons quelques questions de bon sens :
Un militant syndicaliste CGT me le faisait remarquer hier : pourquoi casser ce qui marche ,
Effectivement commune et département marchent, le tout fonctionne bien. Dans ce qui fonctionne mal, examinons pourquoi.
La France va mal dit le député PS Germinal PEIRO à cause notamment du millefeuille des institutions, de leur inefficacité, de leur peu de réactivité. Est là la racine de la crise qui frappe le pays ? Bien sûr que non ! Les collectivités coutent trop chères, dit-il encore dans un communiqué de presse, mais qu’est ce qui coute chère ?
Le RSA, les routes, le personnel, la culture, le sport, les collèges …. Face à ce discours qui nous renvoie en permanence à l’austérité, à l’argent roi opposons deux choses :

Oui à la séparation de l’Etat, des marchés et du MEDEF !
Les collectivités, les institutions ont deux besoins : plus de démocratie, une nouvelle répartition des richesses du pays en faveur du peuple et du retour à de nouveaux progrès de civilisation, progrès social, humain, de transition énergétique.
Aborder ces questions sous l’angle de collectivités à sauver, à sauvegarder, de collectivités qui font leur travail, ne suggère en rien qu’il faut céder à l’immobilisme, voire ne pas prendre en compte la crise politique majeure que nous subissons.

En premier lieu, ces collectivités subissent d’importants dysfonctionnements du fait des politiques d’austérité mises en place.
Dans le même temps, ne restons pas figé sur les institutions actuelles, il y a des débats à ouvrir sur les bassins de vie, le vivre ensemble, les cadres à trouver pour les collectivités en milieu rural, l’intercommunalité. Des débats à ouvrir pas imposé avec une seule sortie possible….
Dans le même temps, la 5° République est à bout de souffle, en voie de pourrissement avancé. Il y a là une question majeure, sur laquelle d’ailleurs surfent de façon populiste les tenants de la réforme. Celle-ci est la réponse qu’il présente à la crise de la politique.

A cela nous opposons une révolution réellement citoyenne qui, je le répète, ne peut venir que d’un processus élaboratif avec le peuple.

A cet égard, pourquoi ne pas imaginer un processus d’élaborations multiples qui pourrait se traduire par des multiples rencontres durant l’été sur cette question de la réforme des territoires et de bien d’autres et se prolonger à la rentrée par des Etats généraux de la contre-réforme, lancer des cahiers de doléances…le tout nourrit de débats, de propositions….

Solliciter toutes les forces qui le souhaitent, travailler à du commun, à de la mise en cohérence des idées du cheminot à l’intermittent, du salarié à l’agent des collectivités, de l’élu au citoyen.

Vianney Le Vacon


18 juin 2014


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