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Jean-Claude Mairal, président du Cidefe

FRANCE-ALGERIE : REGARDER L’HISTOIRE EN FACE

mardi 20 mars 2012

Il y a 50 ans, le 18 mars 1962, les accords d’Evian mettaient fin officiellement à la guerre d’Algérie, à 92 mois d’horreur, de sang, de larmes et de destructions. Une guerre effroyable, aux multiples drames sur les deux rives de la Méditerranée

Drame en premier lieu pour le peuple algérien, le plus durement touché, qui a vu plusieurs centaines de milliers de civils périr sous les bombes, les exécutions et les attentats, pendant que des dizaines de milliers d’autres étaient blessés dans leur corps et leur âme par la torture, les viols et les combats, et que 160 000 combattants, jeunes pour la plupart, de l’armée de libération nationale furent tués. Ajoutons à cela 2 millions de déplacés et 8000 villages et hameaux rasés et l’on a un tableau pour tout un peuple, des ravages causés par cette guerre.

Drame aussi pour ces Algériens qui avaient choisi de combattre aux côtés de l’armée française et qui furent lâchement abandonnés par le gouvernement français. 80000 d’entre eux furent exécutés dans les semaines qui suivirent l’Indépendance. Quant à ceux qui eurent la chance de se retrouver en France, ils furent parqués dans des bidonvilles.

Drame pour ces Français d’Algérie, que l’on appelait « pieds-noirs », dont l’immense majorité était fonctionnaires, ouvriers, petits commerçants et artisans et qui furent contraints, après que plusieurs milliers d’entre eux furent tués dans les attentats et autres actes de guerre, de quitter ce qui était depuis plus d’un siècle, la terre de leurs ancêtres. 800 000 d’entre eux rejoignirent la métropole sans recevoir l’aide et l’accueil qu’ils auraient mérités.

Drame pour une jeunesse française, envoyée vers une guerre qui n’avait pas de nom, où 25000 d’entre eux périrent, 65000 blessés et un grand nombre gardant des séquelles psychologiques indélébiles


Drame pour le peuple français, héritier des idéaux de la Révolution française, qui a vu, quelques années après s’être libéré du joug pétainiste et nazi, s’écrire une des pages les plus sombres de son histoire et subir les contrecoups d’une guerre dont il ne voulait pas : jeunesse sacrifiée, attentats de l’OAS, ratonnades,censure, répression sanglante du 17 octobre 1961 et de Charonne le 8 février 1962,etc.


Certes, il y a la bataille de chiffres dans chaque pays sur le bilan de la guerre, certes un des peuples, le peuple algérien, a le plus souffert, mais au-delà, il y a la mort et la souffrance qui ont frappé des millions d’êtres humains et qu’il faut avoir le courage de reconnaître. Comme il faut reconnaître la responsabilité de celles et de ceux, les politiques en premier lieu, qui, aveuglés par l’idéologie colonialiste, n’ont pas vu ou pas voulu voir l’émergence, à la sortie de la seconde guerre mondiale, d’un formidable espoir de liberté et de dignité parmi les peuples des colonies dont de nombreux fils sont morts en combattants pour la France.

La seule réponse qu’apporta le pays de Lumières à ces légitimes revendications fut notamment la répression sanglante de Sétif le 8 mai 1945, en Algérie, et le bombardement du port d’Haiphong en Indochine, en 1946. 
Avec une autre vision politique, que de drames auraient pu ainsi être évités !

En Algérie, aurait pu se réaliser le rêve d’Albert Camus d’une Algérie plurielle, libre et pacifique.
Alors que nous célébrons le 50ème anniversaire des accords d’Evian et le cessez-le-feu du 19 mars 1962, n’est-il pas temps de sortir des non dits de l’Histoire, de regarder celle-ci en face et de solder les contentieux de ce passé douloureux et traumatique entre les deux pays ? N’est-il pas temps d’effectuer l’indispensable devoir de mémoire, respectueux de toutes les victimes, pour enfin se tendre la main entre les deux rives de la Méditerranée et construire une nouvelle page des relations franco-algériennes faites de confiance, de fraternité et de coopération. 
 Le CIDEFE avec ce Numéro spécial de Cidéfil, mais aussi par ses initiatives à l’international, entend modestement apporter sa pierre à cet objectif. 


Jean Claude Mairal
 Président du CIDEFE


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